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Un Grog, ça coule comme de l'eau de source

Gabriel Féraud

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Je n'étais que l'humble collégien d'un modeste établissement de campagne, quand je vis pour la première fois une de ces choses étranges que l'on appelle un Livre de base, ou encore Livre de règles. J'étais bien en peine alors de pouvoir identifier l'objet correctement, ce qui titillait ma curiosité tout en me frustrant. Mais ce qui me surprend le plus, rétrospectivement, ce fut le lieu où s'établit ce premier contact avec le JdR : à Carrefour, un des hypermarchés de la non moins célèbre chaîne de distribution occupée à standardiser le monde, histoire que l'humanité positive en masse.

Certes, mais quel était ce monolithe noir trônant au rayon librairie ? Star Wars. Oui, la première version française, à 89 francs (même que pour l'époque ce n'était pas trop cher). Oui, on pouvait trouver des JdR en grande surface, temps héroïques où des chefs de rayons avaient sûrement du mal à définir ce type de produit, et qui l'achetaient parce que Lucasfilm ltd sur un livre, ben ça fait vendre. Sauf que ce jour-là, je n'en fis point l'acquisition, me rabattant sur un superbe ouvrage illustré de SF que j'ai encore et qui m'émerveille toujours. Honte à moi, n'est-ce pas ? Mais inculte jusqu'au fond des rétines, je n'avais même jamais vu les films du sieur Georges, en ayant néanmoins entendu parler (ouf !). Seulement voilà, le jeu de rôle, je ne connaissais personne qui en faisait, et je voyais mal comment proposer ce concept bien particulier d'activité ludique à mon entourage.

J'abandonnais donc le jeune Skywalker et sa bande de singes poilus pour retourner à des pratiques plus conventionnelles, ou prétendues telles. D'où l'intérêt, je pense, des boutiques spécialisées, où des sectateurs, communément appelés rôlistes, peuvent vous livrer les arcanes de leur monde, pour peu que vous troquiez votre âme contre une paire de dés (et pas autre chose, même s'il faut reconnaître que le virus rôlistique prend particulièrement bien à l'adolescence, étonnant non ?).

Mais vous aurez compris le hic du hoc : quand on ignore l'existence même du jeu de rôle, on snobe encore plus facilement les boutiques qui osent vendre ce passeport pour l'imaginaire aux mineurs innocents. Le fait est que l'initiation reste primordiale dans l'univers multiplanaire du JDR, et comme toute étape transitoire, elle se révèle positive ou non. Malheureusement ou heureusement pour moi, je fus particulièrement réceptif.

Comment se déroula mon dépucelage ludique ? Eh bien à la hussarde, en prenant mon courage (et que lui) à deux mains. J'achetai Star Wars, le JdR. Mais il n'était plus alors en grande surface. Sur les renseignements d'un ami de mon frère, qui disait-on poussait des figurines avec ses doigts en arguant qu'elles n'étaient pas dans la ligne de mire, je me rendis dans un Relais Descartes. Ce qui me fait aujourd'hui rendre grâce à ce pionnier du JdR français.

La Dame qui tenait les lieux me montra complaisamment son modeste rayon. L'achat fut rapide, sans hésitation, sans même un coup d'oil pour le peu qui était exposé. À certains âges, on a des amours exclusives. De retour chez moi, je me plongeais dans une galaxie lointaine, rêvant d'étoiles et de hauts faits, croyant m'imprégner de Science-Fiction, alors que j'apprendrais plus tard, eh oui monsieur Lucas, que ce n'était que de la Fantasy. Enfin, il y avait des pistolets laser (ah, le blaster lourd à 5D de dommages !) et c'était tout ce qui comptait.

Barbare dans un monde à répulseurs, j'eus l'audace folle des conquérants de proposer mon premier scénario à un ami, le seul qui connaissait le JdR d'après les récits d'un camarade venant de la capitale française pendant l'été. Comme il avait vu la fameuse trilogie, lui, alors que je n'avais jusqu'à présent visionné que le quatrième épisode diffusé sur Antenne 2 (vous savez, France 2), il m'avait semblé être le candidat idéal. Nous signions ce jour sans nous en rendre compte un pacte d'amitié qui dure encore. Le scénario, lui, n'était autre que l'adaptation (déjà ! Je n'ai jamais quasiment fait jouer un scénario du commerce sans l'adapter) de Brille, ô Lune des moissons, fourni dans le livre de base. J'avais flashé sur le titre, et l'après-midi fut galactique.

Ce qui se passa après ? La spirale infernale, achat d'autres JdR, de dés aux faces bizarres, de figurines, d'écrans. Nous sommes tous passés par là, non ? Le vice était ancré, profondément. Je ne vous ferai pas un inventaire à la Prévert, mais j'ai grosso modo maîtrisé une quarantaine de JDR, appréciant la variété des systèmes de règles comme je pense un mécanicien peut apprécier différents moteurs, goûtant les univers comme un esthète se régale d'un Giotto. Je préciserai simplement que pour l'achat de Warhammer, le célèbre Jeu de Rôle Fantastique dans un univers féroce d'aventures périlleuses, je connus un moment d'angoisse lorsqu'il fallut passer à la caisse : au dos du respectable volume, il était clairement indiqué "à partir de seize ans". Or, je n'en avais même pas quatorze. J'étais prêt à tout pour assouvir mes passions JdRstiques, rédigeant scénario sur scénario.

Je ne m'étonne plus alors que quinze ans plus tard, peu ou prou, je me sois mis à écrire. Et il n'y a rien de plus logique que ma première nouvelle éditée, le fut chez Nestiveqnen, dans l'anthologie Sur les traces de Cugel l'astucieux. L'univers de la terre mourante de Jack Vance est éminemment ludique, à tel point qu'il a été adapté en JdR. Une excellente réussite soit dit en passant, par le fabuleux Robin D. Laws. Et qui plus est, la version française est à la hauteur de l'originale. Que du bonheur donc.

Un bonheur que je retrouve à collaborer avec mon camarade Christian Simon, scénariste belge (La marque du Démon, chez Albin Michel, Lenny Valentino chez Bamboo). Nos ondes positives semblent communicatives puisque notre nouvelle, Vizz, est sortie dans le Lanfeust'mag de novembre 2004 et a fait partie des nominées au prix Rosny ainé 2005. Depuis, nous avons eu une autre nouvelle commune, Gare au mordille !, publiée dans le Black Mamba n°8.

Mais je n'en oublie pas pour autant le JdR en oeuvrant avec Sébastien Boudaud et Thomas Schneider pour le fanzine Le Grimoire. Nous avons réussi avec toute l'équipe à traduire le livre de base de Loup Solitaire, fabriquer l'écran de jeu, et nous espérons sortir les suppléments en 2008. De plus, j'ai la chance et l'honneur d'avoir un roman de Fantasy, "Les Perles d'Allaya", publié par la maison d'édition 5ème saison. J'ose indiquer aussi que les éditions Griffe d'encre éditent une de mes nouvelles, "Les Veines de la Terre". De là à dire que le JdR est le plus formidable des moteurs de l'Imaginaire, il n'y a qu'un pas, non ?

Comble du luxe, j'ai désormais (décembre 2007) un blogue en plus du site http://feraudg.free.fr.

Ouvrages Professionnels

Auteur(s)
Parution
Gamme
Editeur
Démon du Passé (Le)
première édition
juin 2012Loup SolitaireGrimoire (Le)
Grimoire du Chaos (Le) - Les Terres du Nord
première édition
octobre 2004WarhammerGrimoire (Le)
Manga BoyZ
première édition
novembre 2008Manga BoyZGrimoire (Le)
Manga BoyZ 1.1
première édition révisée, deuxième impression
décembre 2008Manga BoyZGrimoire (Le)
Manga BoyZ 1.5
première édition révisée
juin 2009Manga BoyZGrimoire (Le)
Manga BoyZ 2.0
première édition
décembre 2009Manga BoyZGrimoire (Le)
Manga BoyZ 3.0
première édition
juin 2011Manga BoyZGrimoire (Le)
Mootland (Le)
première édition
juillet 2003WarhammerGrimoire (Le)
Traducteur(s)
Parution
Gamme
Editeur
Grimoire du Magnamund (Le)
première édition
juin 2009Loup SolitaireGrimoire (Le)
Livre d'Aventure
première édition
août 2011Loup SolitaireGrimoire (Le)
Loup Solitaire
première édition
mai 2007Loup SolitaireGrimoire (Le)
Loup Solitaire
deuxième édition
juin 2010Loup SolitaireGrimoire (Le)

Cette bio a été rédigée entre le 8 mai 2000 et le 8 mai 2009.  Dernière mise à jour le 5 janvier 2010.