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Viril, mais correct

Agences (Les)

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Références

  • Gamme : RétroFutur
  • Version : première édition
  • Type d'ouvrage : Supplément de règles et de contexte
  • Editeur : Multisim Editions
  • Langue : français
  • Date de publication : avril 2003
  • EAN/ISBN : 2-84476-145-3
  • Support : Papier
  • Disponibilité : Paru

Contributeurs

Contenu de l'ouvrage

Matériel

Livre à couverture souple de 144 pages.

Description

Le temps des archaïques Etats-nations est depuis longtemps révolu. L'homme moderne n'est plus un citoyen, mais un administré. Tous les aspects de la vie des titanopolitains sont régis par les agences et leur Réglement, qui forment une bureaucratie cauchemardesque, parfois absurde, souvent sinistre. Les agences constituent la faction la plus importante des Twisted 50's, et ce supplément leur est intégralement consacré. Il fait en outre avancer la chronologie de l'univers de RétroFutur, puisque la date est maintenant 1953.
L'ouvrage se compose de plusieurs parties :

"Une vie administrée"
Ce chapitre, destiné autant aux joueurs qu'au MJ, a vocation à décrire le quotidien des administrés : "Vivre utile" aborde une variété de sujets parmi lesquels le Réglement, les différences entre titanopoles, le fonctionnement de la machine administrative, le maintien de l'ordre, etc. "Extraits du manuel complet de l'agent enquêteur" contient des notions de procédure d'enquête et des conseils aux agents enquêteurs. "Survivre" aborde le sujet des agents entrés en Résistance, et fournit une liste de quelques crimes courants (pour un Résistant : conspiration, sabotage, ...) avec leurs châtiments associés.

"Au coeur du système"
Ce chapitre et les suivants sont à destination du seul MJ; leur but est de détailler la philosophie, le fonctionnement et les dysfonctionnements des agences, et de présenter les plus importantes d'entre elles. La liste n'est pas exhaustive, permettant ainsi au MJ de broder sur ce thème. La description des agences est organisée en cinq dossiers destinés à faciliter l'accès au labyrinthe technocratique des Twisted 50's. La section commence par huit pages de diagrammes présentant la structure fonctionnelle des agences. Toutes ces organisations sont détaillées dans les pages suivantes selon un format commun (historique, effectifs, organisation, culture d'agence, fonctions, réputation, et personnages secondaires).
L'éducation est à la charge des agences gérant les programmes et les centres d'éducation et de celles ayant la charge de l'organisation du Concours, l'examen qui détermine la carrière de tout administré.
Les titanopoles sont gérées par un complexe réseau d'agences ayant comme domaine de compétence l'urbanisation, les communications, l'eau, et le bien-être, pour ne citer que les plus importantes.
L'ordre est l'affaire des agences de la Paix, de la Réhabilitation Individuelle, et de l'Hygiène Mentale.
L'agence de la Pharmachimie, l'agence des Etrangers et l'agence de la Technologie Etrangère modèlent le futur de l'humanité en étant le fer de lance de la révolution industrielle étrangère.
Enfin, le système est contrôlé par les agences centrales, l'Agence et l'agence-sans-nom.

"Scandales" expose trois secrets pouvant devenir des missions de la Résistance, présentés selon un modèle commun : des indices à fournir aux joueurs, les faits qu'ils dissimulent, des aides de jeu, les personnages suspects, les preuves, et des moyens d'action éventuels. Les trois scandales potentiels sont le Foog, les Grandes Grèves, et le Projet Arès.

En annexe, on trouve des "tables de rencontre" bureaucratiques (table de coups de téléphone, table des musiques d'attente,...), la grille des rangs administratifs, un générateur de langue de béton, des nouvelles occupations (classées en fonction des agences). Tout au long du supplément, des encarts émaillent le texte et apportent des précisions de règles ou de contexte.

Cette fiche a été rédigée entre le 8 mai 2000 et le 8 mai 2009.

Critiques

Jérôme Darmont  

Après un livre de base original, "intrigant", "inspirant", mais quelquefois indigeste ; après quelques petits suppléments fort sympathiques mais manquant un peu de profondeur ; Multisim frappe un grand coup.

Avec les Agences, le monde de RétroFutur prend véritablement corps. Le coeur du système des titanopoles est enfin (façon de parler tout de même, le jeu n'est pas si vieux !) décrit. Précisément et de façon quasi-exhaustive. Disséquons un peu la bête.

La première partie (25 pages) traite de la vie quotidienne des administrés. De quoi poser l'ambiance (il y a même des conseils, selon l'approche que le MJ veut mettre en oeuvre) et introduire dans le jeu des détails "qui font vrai", y compris bien sûr moult tracasseries administratives. Très sympa, quoi qu'un peu fouilli/fourre-tout.

La deuxième et plus grosse partie (67 pages) est consacrée aux agences, bien sûr. Toutes les principales y passent, sur le modèle historique / hiérarchie / culture d'agence / productions / réputations / membres. Je m'attendais à trouver cette énumération fastidieuse par moment, et bien non ! Les agences sont finalement assez différentes les unes des autres, dans leurs buts et leurs méthodes. Certaines sont même presque sympathiques (le Bien-être, par exemple). Par ailleurs, leurs activités sont de vraies mines de scénarios et toute cette matière est bien sûr idéale pour personnaliser les personnages agents. Que du bonheur !

La troisième partie (31 pages) est un vrai régal pour le MJ : trois trames de campagne suffisament simples pour être crédibles et présentant suffisament de faux semblants et d'apparences trompeuses pour donner du fil à retordre aux joueurs sur du moyen terme. Mention spéciale aux Grandes Grèves, qui permet au passage aux joueurs de se plonger dans l'histoire des twisted 50's et qui est l'intrigue la mieux ficelée à mon avis.

Finalement, 10 pages d'annexes viennent compléter le tout. Je me suis interrogé sur l'utilité de tables préhistoriques (table des faux numéros, des nouvelles du moment, agent instantané...), mais elles sont tellement poilantes que même si je ne les utilise jamais (probable), ça vallait le coup de les lire ! D'autres tables, celles-là très pratiques, récapitulent les nouvelles occupations disponibles pour les personnages agents, agence par agence.

Pour conclure, les Agences est un excellent supplément qui va crescendo et se dévore littéralement. Il s'affirmera à mon avis très vite comme un indispensable de la gamme. Il ne manque plus qu'un ouvrage du même tonneau sur l'Europole et on disposera de tout ce qu'il faut pour jouer des années à RétroFutur sans autre support (encore façon de parler, des suppléments à gogo, c'est toujours sympa). Ma note : 5/5.

Cette critique est sponsorisée par l'Agence Centrale Europolitaine et la Franchise Opio-Dodo. Opio ! Dodo ! Il guérit tous vos maux !

Fab  

Avec "Les Agences", MultiSim s'attaque au plus gros morceau visible de l'univers de RétroFutur, celui qui est l'ennemi n°1 des Résistants, et qui sans lequel, il n'existerait pas. Et on en redemande !!

La première partie, essentiellement destinée aux joueurs, fait tout de suite comprendre l'absurdité des Agences, le tout dans un style (que je trouve) plutôt comique, et le but recherché est atteint : on appréhende mieux le système administratif (enfin façon de parler :) . A part "Extraits du manuel complet de l'agent enquêteur" que je trouve un peu inutile, c'est excellent.

A partir d'ici seul les Agents MJ dotés de l'accréditation RF-A-254b peuvent continuer.

Le coeur de la bête qui décrit les principales agences est excellent : on en arriverait presque à comprendre le système... Je ne reviens pas sur les agences officielles mais plutôt sur l'Agence et l'agence-sans-nom : à mon avis les 2 parties les mieux réussies de ce chapitre : elles donnent au MJ une source intarrissable de sueurs froides aux Résistants et ceux-ci peuvent en récolter une foultitude de secrets.

Les scandales est une partie un peu moins réussie que les autres (sauf pour les Grandes Grèves). En effet j'aurais préféré des scénarios clés en main que des embryons (certes très complets, mais étant un gardien de l'AdC, j'ai une tendance à la flemmardise... :) ).

Enfin, les différentes tables sont excellentes (ca me rappelle ces bonnes vieilles tables de "Rencontres aléatoires", nostalgie, nostalgie). La palme revient au "Générateur de Langue de Béton" qui permet de fabriquer 28561 phrases techno-bureaucratiques sans aucun sens !!! Du grand art !!

En bref "Les Agences" a certes quelques défauts mineurs, qui sont vites oubliés face à la mine d'infos cruciales que contient ce bouquin. MultiSim compte d'ailleurs enchaîner avec "La bande des Quatre", espérons qu'il sera du même niveau !

Thanauzer  

OK, je suis prêt à me lancer... J'ai pris mes trois aspirines, une fiche de sécu à proximité et la feuille d'impôts pas très loin... Je suis prêt psychologiquement à me lancer dans ce livre !

Bon, tout d'abord parlons de l'ambiance générale : c'est plus que lisible, j'avoue que j'imaginais cela beaucoup plus lourd du fait du contenu. Or même s'il y a des passages qui m'ont rappelé des heures d'attentes à l'ANPE, on se prend au jeu de l'Administratif à outrance. Les Agences principales sont décrites avec un certain humour (j'ai beaucoup aimé la petite reference à Ghostbusters), l'univers y gagne en profondeur, les secrets et autres scandales donnent à tout maitre du jeu des éléments non négligeables afin de rendre les twisted 50's plus agencées et malsaines !

J'en viens même à regretter la note donnée au cahier 'verdad!' qui cummulé à 1ères resistances et surtout à ce supplement donne toute sa mesure dans les Grandes Grèves, à condition toutefois d'avoir des joueurs très courageux et d'être un MJ travailleur car il faudra beaucoup de boulot afin de préparer cette partie 'historique'.

Cerise sur le gateau, les quelques tables de la fin du livre qui devraient apparaître dans toutes les administrations et SURTOUT la table de la langue de béton, véritable merveille pouvant calmer les joueurs ou tout simplement vous servir dans les soirées entre administrés afin d'avoir l'air fin, sans rien dire d'intéressant ! Indispensable, drole, malsain par moments, c'est le supplement à avoir pour décrire n'importe quelle bureaucratie excessive... Tiens pour la peine je vais me reprendre quatre aspirines et aller demander des formulaires à la mairie, juste pour le plaisir !

Humphrey B.  

Pour l'essentiel, je partage l'avis de mes prédécesseurs : c'est du très très bon. Au niveau de la forme, c'est un beau livre, dont la reliure a l'air solide, avec une couverture sympa. Il y a assez peu d'illustrations, mais c'est amplement compensé par la géniale iconologie, qui n'a jamais été aussi bien utilisée qu'ici (bravo m'sieur flu). Toujours sur la forme, on peut faire la fine bouche en regrettant le nombre un peu élevé de fautes de frappe (dont deux sur la quatrième de couv', ça la fout mal). Mais allons voir de plus près ce que contient la bête... MJ ONLY !



La première partie est consacrée à des généralités sur le fonctionnement du système. J'ai beaucoup aimé, car outre le fait que cela permet de se faire une idée générale du fonctionnement des Agences, on y trouve une foule de petits détails extrêmement intéressants (comme le DAP, ce dossier d'identité des Administrés). Cela éclaircit les éléments donnés dans le livre de base, tout en laissant une grande marge de man¿uvre au MJ. Seul point faible, le chapitre "extrait du manuel de l'agent enquêteur", absolument sans intérêt (on se demande ce qu'il fait là). Heureusement, il est court.

Suit une description des principales agences, chacune disposant d'environ quatre pages. C'est naturellement un peu cataloguesque, un peu disparate du fait de la multiplicité des auteurs, mais c'est quand même très bien. On sent bien la place cruciale de certaines agences qui me semblaient auparavant un peu secondaires, comme l'Urbanisme. Le top du top est atteint avec la description des deux principales conspirations intra-agences, à savoir l'Agence et l'Agence-sans-nom. Si l'on avait déjà quelques renseignements sur la première, on découvre la deuxième et... ça dépote !

Si je dois critiquer une chose (très mineure en fait), c'est que j'aimerais bien savoir si certaines des personnalités décrites auront un rôle à jouer dans de futurs suppléments. De plus, le supplément n'est évidemment pas infini, donc toutes les Agences ne sont pas décrites, et vous pouvez être sûr qu'un de vos joueurs aura choisi une agence non décrite. C'est mon cas, je regrette l'absence du Divertissement, je vais être obligé de bosser !

Ensuite, arrive le chapitre intitulé "scandales" qui est constitué de trois amorces de campagnes (qui sont laissées aux MJs).
La première, "le foog", est assez délirante, bien développée et peut presque être jouée telle quelle. Elle a le grand mérite de laisser les Résistants faire des choix. Très bien, vraiment.
Ensuite, vient un chapitre sur les Grandes Grèves. Bon, c'est fabuleux. Couplée avec le chapitre sur l'Agence-sans-nom, il y a de quoi mitonner un truc hallucinant, avec pas mal de boulot quand même.
Dernière amorce, le projet Arès développe le background du scénario "10 petits non-A" du livret "premières résistances". C'est pas mal, mais à mon avis cela n'apporte pas grand chose en plus à ce qu'il avait déjà dans "10 petits non-A".

Enfin, le supplément se termine par une série de tables : tables des rangs dans les agences (pratique), générateur de langue de bois pour agents (fabuleux) et tables de "rencontres aléatoires" : publicités, coups de téléphone, musiques d'attente etc... Outre le fait que c'est absolument hilarant, cela me semble très utile pour mettre une ambiance disjonctée dans les parties. A utiliser sans modération quand l'Ubik est bas ! Enfin, une grande table propose les occupations dans les Agences (pratique).

En résumé, un excellent supplément. Je ne sais pas s'il est indispensable, mais en tout cas si vous ne devez acheter qu'un seul supplément, que ce soit celui-là. Et si je dois mettre une note, c'est aussi 5/5.

Anthony 'Yno' Combrexelle  

Autant j'avais été refroidi par le livre de base de Rétrofutur (que je trouvais peu clair, peu descriptif, trop vague) autant j'ai été agréablement surpris par le supplément des Agences. J'avais d'ailleurs mis en parenthèses le jeu depuis que j'avais lu le livre de règles, il y a plus de 8 mois, mais les bonnes critiques et mon envie d'un JDR "Gattaca/12 monkeys/dark city" aidant, je l'ai acheté.

Donc "Les Agences" est clair, descriptif et pallie aux "manques" (selon mes goûts en tout cas) du livre de règles. C'est bien écrit, concis et ça se lit rapidement. Il n'est pas rare de noter pendant la lecture quelques petites idées de scénarios à utiliser, ce qui est un très bon signe (un scénario avec les ghostbusters en guest-stars ?). Le seul bémol du supplément est la description "détaillée" des agences, qui est assez ennuyeuse et rébarbative à lire (là oui, je me sentais presque dans les twisted fifties). L'énumération est fastidieuse mais ça doit pouvoir servir (une vingtaine de pages plus générales auraient suffit à mon avis).

Les pages 87 à 95, décrivant "A et AsN" sont très bien fichues et dynamisent l'univers en créant de vrais antagonistes où les PJs pourront vraiment faire dans leurs pantalons en les rencontrant.

Les scandales sont, selon-moi, la partie incontournable de ce supplément avec des intrigues au style et au ton varié. Sans eux, ce supplément sur les Agences n'aurait pas été aussi intéressant.

matreve  

Incontournable pour Rétrofutur, ce supplément a pour moi un gros défaut : il enferme le jeu définitivement dans une thématique Brazil RPG.

Si j'avais pu regretter un livre de règles enthousiasmant mais qui partait dans tous les sens, Les Agences recadre certes le sujet mais avec un thème étriqué qui condamne définitivement les promesses initiales.

Qu'on ne se trompe pas : comme les critiques l'évoquent ci-dessus, le supplément est très réussi dans son genre, la couverture (hé, hé) et l'iconographie en plus. Mais il confirme Rétrofutur comme une sorte de clone de Paranoïa dans les années 1950, jusqu’à utiliser les mêmes codes d'humour de second degré.

Personnellement, je ne m’y retrouve pas : les jeux de résistants face à un adversaire qu'on ne peut pas abattre et dans une atmosphère oppressante et désespérée ne m’ont jamais motivé. Rétrofutur s'éloigne donc définitivement de la thématique années 50 / OVNI au potentiel ludique bien plus important à mon sens que les petites combines des Agences.

Et même en focalisant avec ces dernières, on aurait pu espérer sortir de la thématique purement Résistance et faire évoluer Rétrofutur en une sorte de Cyberpunk / Shadowrun dans les années 1950, les Agences jouant le rôle de corpos et que le supplément puisse proposer une alternative de joueur des mercenaires plutôt que des résistants...

N'étant ni l'un, ni l'autre, ce supplément ne m’a pas semblé incontournable et m'a encore moins incité à rouvrir le livre de règles, ou découvrir le reste d'une gamme dont l'orientation prenait définitivement une direction qui ne me convenait pas.

Critique écrite en avril 2014.

 

" Soyez cool, rentrez dans le moule ! " Les Agences, c'est la description du modèle type cauchemardesque des twisted 50s.

Le supplément commence par les formes générales, permettant de cerner l'atmosphère du système des agences, avec le fameux Règlement et toutes ses dérives. Le meneur est invité à créer sa propre ambiance, un choix à assumer clairement et courageusement. Viennent ensuite la description des principales agences (la Paix, la Réhabilitation individuelle, les Étrangers...), avec leurs modes de fonctionnement, leurs figures, leurs buts et de nouveaux Pouvoirs et Devoirs spécifiques pour chaque type d'agent. On oscille entre le rire et la boule dans l'estomac, au fil d'une lecture fort agréable. On fignole, ensuite : description de supra-agences déjantées et conspirationnistes, façon X-Files. C'est énorme : ça a de l'envergure et ça promet ! Enfin, on termine par les travaux pratiques : des intrigues largement développées avec aides de jeu à l'appui, qui permettront au meneur de plonger les Résistants dans des conspirations des plus glauques. Si l'on ajoute des annexes délirantes (un " générateur de langue de béton " !), on obtient un supplément très utile, fertile et hallucinant. C'est du tout bon !

Isabelle Paris - Casus Belli n°19

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