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Pour ceux qui kiffent grave le jdr.

Marc Aubert

Auteur

Identité

  • Année de Naissance : 1987
  • Nationalité : Français
  • Pays : France

Biographie

Pour moi la découverte du jeu s'est faite par hasard, au détour d'un vieux livre de AD&D que mes parents avaient utilisé il y a longtemps, puis abandonné dans une bibliothèque. Ça a été assez difficile de rentrer dedans, ce qui est normal quand on a 13 ans et qu'on essaie de bouffer le manuel des joueurs de AD&D de l'édition de 1989 ! Et encore, à cette époque je n'avais pas encore trouvé les bouquins de 1977 en anglais... Bref, une journée entière pour créer la première feuille de perso, à chercher les infos et à ne rien comprendre. Ensuite j'ai quand même joué, c'était le but. Des années de Donjon, des années à faire découvrir à des novices, ça c'était bon. J'ai déploré mon manque d'imagination au moment d'inventer des histoires, mais toujours le plaisir d'être MJ. Toujours le plaisir de passer un bon moment avec les copains, même si l'histoire était honnêtement en général un peu naze. Pour ça j'ai pas mal appris grâce à un ami et un cousin qui, eux, avaient une magnifique imagination et étaient capables de faire jouer une histoire passionnante pendant des heures. Moi il fallait toujours que je mette un combat ou que j'improvise des rencontres avec des PNJ farfelus parce que c'est tout ce que je sais faire ! Faire le con et agiter les bras ! Pour une enquête il faudra repasser...

Le gros tournant pour moi ça a été fin 2009, quand je suis allé au club jeu de rôle du campus de Grenoble et que j'ai joué pour la première fois à un jeu de rôle qui n'était pas Donjons et Dragons. Je me suis retrouvé à la table de Bastien Lyonnet, qui est aujourd'hui mon grand partenaire d'aventure dans l'édition avec La Plume de Cyrano, et j'y ai découvert son jeu amateur de l'époque, Tylestel. C'est assez sympa d'ailleurs de se retrouver, une dizaine d'années plus tard, à travailler sur l'édition de ce même jeu ! En tout cas à sa table je dois reconnaître que j'ai énormément appris sur l'art de faire jouer un scénario. Il faut dire qu'il était franchement meilleur que moi en tant que MJ. Du coup j'ai eu envie de devenir meilleur, je me suis posé plein de questions, et j'ai pas mal été inspiré par les bonnes expériences de la table de Bastien. Moi j'avais un peu grandi à l'école "porte/monstre/trésor", et là on en était clairement assez loin. Ça m'allait mieux en fait. Les expériences que j'avais eues de scénarios très narratif remontaient à loin, et surtout étaient peu nombreuses. C'est donc là que j'ai commencé à progresser sur ma compréhension de ce qu'il se passe autour d'une table de jeu de rôle. Et je dois dire que c'est une science sociale particulièrement intéressante, et qui se transpose à énormément de situations de la vie réelle, ce qui est encore plus passionnant !

Avec Bastien c'est à peine plus tard qu'on s'est mis à travailler sur XVII, Au Fil de l'Ame, et ça pour le coup c'était excellent. Travailler sur un jeu de rôle, tout en y jouant chaque semaine avec 3 autres copains, franchement c'était bonnard. Tous les jeudis à se caler autour de la table à faire du jeu de rôle, et de temps en temps aller boire une bière juste tous les deux pour remettre en question les plus gros aspects du jeu, là j'ai vraiment plongé dans le jeu de rôle. C'est vrai qu'on n'avançait pas toujours très vite et que la première bière servait surtout à éponger les conneries qu'on disait avant de bosser, mais on finissait quand même par aborder les sujets qu'on voulait aborder.

Ensuite Bastien m'a prêté Earthdawn, dont je suis tombé immédiatement amoureux. J'ai fait jouer Earthdawn pendant environ deux ans, et j'y ai fait jouer la campagne dont je suis le plus fier ! Une campagne avec un début, un milieu, et UNE FIN ! C'est une de mes plus grandes fiertés de MJ. Moi qui suis incapable d'écrire un malheureux scénario de jeu de rôle, j'ai fait jouer une campagne ! Vive Earthdawn ! Je suis parti de pas grand-chose en plus. J'avais juste quelques grandes lignes que je trouvais intéressantes, comme par exemple "Ils vont suivre un grand méchant durant toute la campagne, mais en fait à la fin ils vont se battre ensemble parce que le vrai méchant est ailleurs et en fait ils se battaient pour la même chose", ou alors "à un moment ils vont se faire envoyer des espèces de milices par un gars, qu'ils vont forcément détester à force, mais en fait le gars est de bonne volonté et travaille hélas avec des gros bourrins un peu primaires, donc c'est chaud". Et puis je voulais qu'ils fassent une grosse expédition sur un bâteau dans une mer de sable où ils croiseraient plein d'adeptes de classes qui ne sont pas dans le manuel du jeu, des trucs hors du commun pour qu'ils comprennent que le monde est vaste. C'est totalement pompé du roman dans l'univers d'Earthdawn que j'ai lu, mais c'était cool. Je crois qu'ils se rappellent encore du gars qui agitait ses chiffons ! Bref, moi ce qui m'intéresse ce sont les personnages, et même les personnes. C'est le psychologique qui m'intéresse, alors je suis parti là-dessus. Et la campagne a bien avancé, et on est bel et bien arrivé à la fin, et ils ont combattu la dernière horreur aux côtés du gars qu'ils avaient surnommé "le cafard" pendant toute la campagne.

Sinon au cours des années et des conventions, j'ai pu tester en one-shot d'autres jeux comme Lanfeust, Vampire, Teocali, Yggdrasill ou quelques prototypes de jeux en test, mais en réalité je n'ai pas joué à énormément de jeux, et surtout peu de campagnes. Quoique quand même j'oublie les campagnes de Thibault ! Parce que parmi les rôlistes que j'ose fréquenter, lui il passe son temps à imaginer des mini-jeux de rôle avec une histoire, un concept, et un petit système qui va avec. On joue ça pendant 2 mois, 6 mois, 1 an, et on a fini. Un truc assez fou que Thibault a fait, une fois, ça a été d'imaginer une petite campagne autour d'un personnage. Il s'est dit qu'il avait envie de raconter l'histoire d'un personnage, une quête personnelle, et que pour pouvoir réellement le suivre il fallait accepter de pouvoir renoncer à tous les autres personnages au besoin. Il voulait qu'il y ait d'autres PJ mais que le groupe puisse se séparer si l'envie leur prenait. C'est à moi qu'il a demandé de jouer le personnage principal (la chance !), dans un univers bien sombre et dévasté comme il a l'habitude. À la deuxième séance il avait planqué un pote dans une pièce parce qu'il savait qu'un PJ allait débarquer. Alors on a fait 2 séances ensemble, puis nos routes se sont séparées et le pote en question n'est plus venu aux séances parce qu'on avait considéré que l'histoire se concentrait sur mon personnage. Un autre copain est venu faire une séance, et j'ai fini seul. Eh ben on a compris qu'en effet, quand on n'a qu'un personnage, ça crée un espace de liberté vraiment monstrueux. Ça n'a rien à voir. Entre 2 et 3 PJ dans une histoire la différence n'est pas énorme. Mais entre 1 et 2 c'est fou. Et puis là c'était pas vraiment une histoire pour 1 PJ. En vrai on a été 3 PJ, mais on a eu la liberté chacun de choisir sa route.

Après ça j'ai eu un bon moment sans trop de jeu de rôle, j'étais à fond jeux de société, puis en 2015 avec Bastien on a décidé de monter notre société d'édition pour notre jeu, XVII, Au Fil de l'Ame, dont on estimait qu'il avait le potentiel pour devenir un jeu professionnel. On avait signé la première édition avec un éditeur existant mais vraiment on a été déçu du résultat... Alors on a fignolé le texte, et moi je me suis mis doucement à la mise en page et à la maquette. Et en fait c'est allé assez vite. Avec Bastien on a trouvé que cette nouvelle mise en page allait bien, alors on a sorti le jeu assez vite la même année, puis l'année suivante le supplément La Fronde, puis l'année suivante Le D sur la Table, et on ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.

Cet investissement dans l'édition, c'est vraiment exceptionnel. Et puis ça nous permet, avec Bastien, de continuer à parler jeu de rôle ensemble alors qu'on n'est plus dans la même ville (ou même le même pays) depuis au moins 2012. Alors, comme on a la même vision du jeu de rôle et de sa pratique, c'est un plaisir de travailler ensemble, et pour moi c'est un enrichissement magnifique. C'est sûr que niveau rentabilité c'est pas encore ça, notamment parce que pour le moment on a refusé de faire des financements participatifs. Du coup on se fait connaître petit à petit, on doit avancer les sous, les ventes progressent doucement, etc. On travaille totalement bénévolement, ce qui n'est pas très original dans le milieu, mais ce qui est génial c'est que les retours qu'on trouve sur nos jeux sont très positifs. Ça, ça rembourse toutes les avances !

Vive le jeu de rôle !

Une citation pour finir :
"Ah que pour ton bonheur je donnerais le mien, quand même tu devrais n'en savoir jamais rien, s'il se pouvait, parfois, que de loin j'entendisse rire un peu le bonheur né de mon sacrifice." - E. Rostand "Cyrano de Bergerac"
Je dis ça à La Plume de Cyrano, parfois. Mais en pratique je n'ai pas à sacrifier mon bonheur donc ça va.

Ouvrages Professionnels

Auteur(s)
Parution
Gamme
Editeur
XVII, Au Fil de l'Ame
deuxième édition
septembre 2015XVII, Au Fil de l'AmePlume de Cyrano (La)
XVII, Au Fil de l'Ame
première édition
mai 2015XVII, Au Fil de l'AmeJdR Editions

Cette bio a été rédigée le 27 novembre 2015.  Dernière mise à jour le 7 mars 2018.