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L'imagination est plus importante que le savoir (A. Einstein)

Shaolin et Wudang

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Références

  • Gamme : Qin
  • Sous-gamme : Shaolin & Wudang
  • Version : première édition
  • Type d'ouvrage : Supplément de règles et de contexte
  • Editeur : 7ème Cercle
  • Langue : français
  • Date de publication : septembre 2008
  • EAN/ISBN : 2-914892-53-5
  • Support : Papier
  • Disponibilité : Paru

Contributeurs

Contenu de l'ouvrage

Matériel

Livre de 240 pages (224 pages en bichromie, 16 pages en quadrichromie), à couverture rigide.

Description

Shaolin et Wudang propose un nouveau contexte pour Qin. L'époque des Royaumes combattants fait désormais partie de la légende et les personnages vont vivre des aventures dans la Chine du XVIIIe siècle, qui connaît des problématiques bien différente de la période décrite dans le livre de base de Qin. Au niveau des sources d'inspiration, Qin s'abreuvait de films de sabre ou de films épiques en costume, alors que Shaolin et Wudang se nourrit de films de kung-fu et fournit un cadre de jeu pour jouer dans l'ambiance de ces oeuvres. Après une introduction d'une page expliquant tout cela, les 240 pages du livre sont réparties en six grands chapitres.

"L'Empire du Milieu", 45 pages, commence par résumer les deux mille ans d'histoire s'intercalant entre la période décrite dans Qin et celle de Shaolin et Wudang. Durant ces deux millénaires tumultueux, de nombreux événements ont divisé et réunifié la Chine. Succédant à la dynastie Qin, les dynastie Han, Tang, Yuan, Ming... ont pris la tête de l'Empire, parfois après des époques de division intense comme la période des Trois Royaumes, et ont passé la main à une nouvelle dynastie. Chacune a apporté ou en tout cas laissé sa trace sur un Empire immense. Shaolin et Wudang se passe en 1730 et la dynastie des Qing règne sur l'Empire du Milieu. Ce n'est pas une période paisible : une guerre civile fait rage au Tibet, l'Empereur est remis en cause violemment dans certaines provinces et la Chine semble au bord d'une nouvelle période de division et de guerre civile.

La seconde partie du chapitre est consacrée à une description détaillée, province par province, de l'Empire, avec une partie réservée à la capitale Beijing. Ces descriptions alternent entre des textes purement informatifs et d'autres subjectifs, écrits par un émissaire de l'Empereur voyageant à travers toute la Chine. Tout au long du chapitre, des sujets précis ont droit à une page détaillée, comme les apparitions du papier et de l'imprimerie ou la diffusion du riz comme céréale principale sur l'ensemble du territoire. Un encadré chronologique résume aussi les diverses périodes qu'a connue la Chine.

"La Chine éternelle", 45 pages, commence par décrire le gouvernement et l'administration de l'Empire, en n'oubliant pas qu'il est constitué de cinq nations et plusieurs ethnies dotées de cultures différentes. C'est tout le fonctionnement complexe de la Chine qui est ici abordé : soins, économie, éducation, justice, armée, traditions, etc. Le chapitre se poursuit sur un point à propos de l'état politique du pays, car les dissensions sont nombreuses. Une étincelle pourrait tout enflammer, car rebelles et tenants du pouvoir s'opposent parfois violemment.

La suite du chapitre se consacre aux religions. Le Bouddhisme est d'abord développé en détail : fondation, histoire, fonctionnement, et techniques mystiques pour le jeu (en termes de règles, le talent Bouddhisme remplace simplement le talent Taoïsme pour l'utilisation de la magie). Le Confucianisme lui fait suite, dans une partie qui décrit son évolution depuis l'époque des Royaumes combattants, sa mutation, ses écoles et ouvrages de référence. Le Taoïsme est traité de la même manière, avec de nouveaux éléments spécifiques à Shaolin et Wudang (nombreuses sectes, existence d'un canon documentaire) et l'histoire de son évolution. Toutefois, au XVIIIe siècle, ces trois philosophies sont intimement mélangées par leurs pratiquants et surtout le peuple, dans le sens où aucun croyant de l'une ne serait pas influencé par les deux autres, dans une certaine forme de syncrétisme.

Après une fiche de personnage vierge en deux pages, se trouve un cahier couleur intitulé "Archétypes", 16 pages, et qui propose sept personnages pré-tirés avec leur histoire, leurs caractéristiques et une illustration pleine page en couleur.

Le chapitre "Les Règles", 14 pages, propose de nouveaux talents et éléments à utiliser pour Shaolin et Wudang, puisque les règles sont sinon celles de Qin. Le changement principal concerne les arts martiaux. Un personnage commence avec 15 points d'affiliation martiale avec lesquels le joueur va pouvoir acheter des techniques martiales de prime abord, mais aussi des Taos et autres aspects du personnage. Le chapitre se poursuit par les règles d'apprentissage et d'utilisation des techniques martiales et la liste de toutes les armes utilisables avec leurs Manoeuvres. Quelques pages à la fin résument rapidement les règles de base du jeu (même si Shaolin et Wudang n'est pas un jeu indépendant de Qin).

"Le Tigre et le Dragon", 56 pages, est le chapitre consacré au monastère de Shaolin et à l'école de Wudang. La partie Shaolin est organisée ainsi : après une rapide nouvelle décrivant brièvement l'organisation architecturale du lieu, c'est l'histoire du monastère qui est abordée. Ce monastère fondé très tôt dans l'histoire de la Chine ne fut pas sans influence sur nombre des événements que connut l'Empire. Après que les Qing eurent pris la tête de la Chine en renversant les Ming, la relation entre la dynastie et le monastère commença de façon neutre pour être maintenant extrêmement froide. La suite de cette partie décrit la vie quotidienne au monastère avant d'évoquer les cinq maîtres de Shaolin et de s'attaquer en détail aux arts martiaux enseignés sur place. Le monastère est divisé en 35 chambres, chacune consacrée à un thème précis (comme la vitesse des yeux ou la résistance des poings). Une 36ème chambre, plus récente, est assez particulière car elle est dédiée aux laïcs et est ainsi un lieu de formation des rebelles au pouvoir Qing. Cette partie se termine par les techniques martiales enseignées à Shaolin avec les règles correspondantes.

La seconde partie traite de Wudang, l'équivalent au Sud de Shaolin, mais dont l'esprit et les techniques sont différentes. Et contrairement à Shaolin, Wudang est soutenu par le pouvoir en place. Cette partie commence donc par l'histoire de Wudang et de sa myriade de temples et de monastères. Elle se poursuit par une description des hauts lieux de la chaîne montagneuse et de la vie quotidienne sur place. S'ensuit une description de l'apprentissage martial et des personnalités de Wudang, avant un développement des fondements de ses différentes techniques martiales, avec leurs règles.

"Au Bord de l'Eau", 32 pages, décrit le Jiang Hu et son évolution. Il commence par une brève histoire du monde des arts martiaux et la description des écoles d'arts martiaux qui sont le lieu d'enseignement du kung-fu, souvent rivales et impliquées dans divers troubles, puis des agences d'escorte, ces sociétés de guerriers que les caravaniers et transporteurs peuvent engager pour être protégés des bandits durant leurs trajets et qui ne sont pas exemptes de pratiques mafieuses. Le chapitre décrit alors toutes les factions du Jiang Hu qui, outre Shaolin et Wudang, possèdent une influence et des techniques martiales, avec les règles afférentes : Emei, Kunlun, le Gai Bang, etc.

"Les Mémos secrets du Meneur de Jeu", 25 pages, est un recueil de conseils au meneur de jeu, afin qu'il puisse correctement mettre en place l'ambiance de Shaolin et Wudang et exploiter les thèmes et rivalités présentés. Après une liste d'inspirations littéraires et cinématographiques se trouve un scénario : "Mille poisons, mille morts", dans lequel les personnages vont devoir s'inscrire à un tournoi d'arts martiaux, prétexte à une sordide machination qui pourrait influer sur le paysage martial de l'Empire.

Cette fiche a été rédigée entre le 8 mai 2000 et le 8 mai 2009.

Critiques

Mangelune  

Tout d'abord je mettrai en avant le fait que je possède Shaolin & Wudang et pas Qin : les Royaumes Combattants. Bien que le supplément de règles Jing permette de se passer du livre de base, certains éléments manquent à qui s'est privé de la pierre fondatrice de la gamme, notamment en ce qui concerne la vie privée du tout venant.

Je ne reviendrai pas sur le système que j'ai déjà un peu commenté pour Jing et que vous ne trouverez pas dans S&W. Pour résumer, j'aime beaucoup les règles de Qin. Ajoutez ici un grand nombre de styles de kung fu, de bâton, de lance, et vous verrez que le choix qui s'offre aux joueurs est proprement immense.

Comme toujours dans Qin, la qualité des illustrations fait rêver et le cahier couleur des prétirés donne immédiatement envie de se plonger dans l'aventure. Les conseils de jeu sont courts mais bienvenus, et la description en fin de livre du monde aventureux permet de se faire une idée des intrigues à venir. Le scénario inclus part sur des bases classiques (un tournoi) mais semble efficace avec plusieurs fausses pistes et intrigues secondaires pour dynamiser le tout.

Reste le background. L'historique est un peu redondant, les cycles se suivent et se ressemblent. La partie société se lit avec plaisir mais comme mentionné plus haut manque de menus détails sur les coutumes et la vie ordinaire (apparemment traités dans les Royaumes Combattants). La description des régions est un passage obligé forcément longuet mais nécessaire à tout jeu de rôle. Les religions sont bien traitées mais demanderont plusieurs lectures au néophyte. Enfin le monastère de Shaolin est intéressant, dommage que la description détaillée des 35 chambres alourdisse le tout ; j'ai de loin préféré le chapitre sur les monts Wudang qui alterne agréable philosophie, mythe et vie réelle.

Qin Shaolin et Wudang m'a en quelques sortes réconcilié avec le jeu de rôle historique. Là où certains s'enlisent dans les dates, il offre essentiellement un cadre de jeu libre mâtiné de fantastique où le meneur et les joueurs peuvent prendre leur envol. Un livre long, parfois un brin ardu mais assurément une réussite.

Critique écrite en mai 2009.

Obiatn  

Une véritable réussite, moi qui pensait retrouver un copier/coller de Qin, j'ai revu mon jugement, on joue à une époque et dans un contexte très différent et parfaitement adapté pour un Jeu de Rôle mélangeant histoire et fantastique

Vu que le livre ne contient pas le système de jeu et les règles, il fait la part belle aux descriptions et explications de beaucoup de points importants, nous permettant de ne pas être dans le flou, élément très rassurant pour un MJ qui pourrait craindre de faire des erreurs dûes à une méconnaissance de l'époque traitée

Les magnifiques illustrations, les pré-tirés et les encadrés concis sur la vie quotidienne finissent de faire de Shaolin & Wudang un ouvrage de référence dans son genre

Critique écrite en mai 2009.

 

Les Royaumes Combattants n’ont plus de secrets pour vous ? Tian Xia n’est plus qu’un lointain souvenir ? Découvrez la Chine du XVIIIe siècle et affûtez votre kung-fu avec ce supplément pour Qin.

Un supplément pour Qin ?

Malgré son épaisseur, son élégante couverture cartonnée, son cahier en couleur et ses superbes illustrations, Shaolin & Wudang est bien un supplément pour Qin. Mais, si ce livre a des airs de manuel de base, il ne comprend qu’un bref rappel des règles du jeu. Il vous faudra donc disposer de Qin pour avoir accès au système dans son entier, condition sine qua non pour jouer. Les aficionados de la première heure se raviront d’avoir un livre plein à craquer de contexte, les nouveaux venus verront là l’occasion de découvrir Qin et l’époque des Royaumes Combattants.

Deux milles ans d’histoire

Durant deux millénaires, les dynasties - éphémères et multiples - se sont érigées puis effondrées. Ce flot est retracé en une fresque tumultueuse, depuis les Qin premiers unificateurs jusqu’aux aux Qing, conquérants mandchous, régnant actuellement sur l’Empire du Milieu. Le jeu se déroule en 1730, 96 ans après la conquête de la Chine par les armées mandchoues. Le pouvoir est donc aux mains d’un tyrannique envahisseur venu des steppes du nord. Complet et didactique, le récapitulatif historique, qui ouvre le livre, s’avère essentiel pour appréhender les racines de la situation qui régit la Chine au XVIIIe siècle et pose ainsi le socle de Shaolin & Wudang.

Au milieu coule le fleuve bleu

Les dix-huit provinces de la Chine unifiée sont chacune décrites aux travers des yeux d’un fonctionnaire impérial, préparant un futur déplacement de l’empereur. C’est donc sous la forme d’un carnet de voyage, entre paysages et lieux notables, anecdotes et traditions ancestrales, que le lecteur découvre l’empire comme s’il en était le souverain. Des PNJ, du plus insignifiant au plus important, sont aussi présentés, laissant au MJ le soin de dérouler le fil des intrigues dans lesquelles ils sont impliqués. C’est ensuite la société impériale qui est disséquée, plus classiquement mais tout aussi efficacement, de sorte que le lecteur assimile bien les enjeux qui agitent l’empire. Ainsi, l’on découvre une administration omniprésente et zélée, représentée par une légion de fonctionnaires, instruments de la force impériale dans les moindres recoins du territoire chinois. Selon les provinces, l’oppression du pouvoir mandchou est plus ou moins bien acceptée. Si celles situées au nord du fleuve bleu sont soumises, celles du sud, incorrigibles contestataires, sont nostalgiques de la dynastie Ming et rêvent de voir le mandat céleste revenir dans le giron d’un Han, l’ethnie chinoise majoritaire. Le peuple se trouve donc écartelé entre un pouvoir autoritaire et ses décrets humiliants et un terrorisme patriotique qui frôle le fanatisme. Les religions ne sont pas en reste avec l’exposé clair et détaillé des doctrines du bouddhisme, du confucianisme et du taoïsme, permettant d’intégrer au jeu ce pan essentiel de la société chinoise.

I know kung-fu

Il s’agit là du thème central du jeu, et c’est naturellement que les deux principaux sanctuaires qui donnent leurs noms à l’ouvrage sont longuement et minutieusement décrits. Ces deux hauts lieux enseignent deux styles de kung-fu radicalement différents. Si Shaolin développe un art martial explosif et athlétique, dit externe, Wudang inculque, quant à lui, un style basé sur des techniques de respiration et sur la maîtrise du chi, un kung-fu plus mesuré et dit interne. De plus, le premier est issu du bouddhisme alors que le second répond des préceptes du taoïsme. Une rivalité séculaire oppose en tout ces deux écoles mais c’est surtout politiquement que les divergences se font le plus sentir. En effet, Shaolin soutient et forme les combattants patriotes, alors que Wudang est proche du pouvoir mandchou. Ces deux courants,  ainsi que jiang hu (terme désignant tous ceux vivants par et pour les arts martiaux) sont accompagnés de leurs styles martiaux, transposition ludique d’une vingtaine de techniques de kung-fu. Il serait bien surprenant qu’à leur lecture vous ne vous imaginiez pas interpréter un vif moine Shaolin aux poings d’aciers ou bien un imperturbable disciple de Wudang concentrant son chi dans les coups qu’il distribue.

Le Ying et le Yang

Alors, sommes-nous en présence d’un jeu si simple qu’il se résume au combat de courageux résistants Hans pour se défaire du joug cruel d’un pouvoir étranger ? Non, et c’est là tout le charme de ce supplément. La Chine n’a jamais été aussi prospère que sous les Qing, la culture est favorisée et les Hans intégrés au pouvoir, alors que les patriotes s’enferment dans un terrorisme nationaliste aveugle. Tout n’est pas blanc ou noir. Les situations de jeux et de dilemmes moraux s’en trouvent décuplées : lutte conte une administration froide et omnipotente mais égalitaire, lutte contre des autorités rigoristes mais au prix d’actions coûteuses en vies innocentes. C’est dans une société tout en nuances et certainement pas dans un manichéisme forcené que vos héros trouveront leur propre voie vers le meilleur kung-fu. Maintenant, installez-vous paisiblement au bord de l’eau dans le pays des forêts et des lacs, et attendez patiemment l’écran de Shaolin & Wudang ainsi que le supplément dédié à Canton.

On apprécie :

- de ne pas avoir les règles de base au profit d’un contexte consistant

- le kung-fu débridé

- une époque propice aux situations délicates

- le scénario

On regrette :

- de ne pas avoir les règles de base

- de ne pas avoir de carte par province

 

Jérôme Michel (Jeu de Rôle Magazine n°4)

Critique écrite en novembre 2009.

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