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Musiques Sombres pour Jeux de Rôles Sombres

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Références

  • Gamme : Générique
  • Version : première édition
  • Type d'ouvrage : Accessoire
  • Editeur : Auto-édition
  • Langue : français
  • Date de publication : novembre 2012
  • ISBN : Pas d'ISBN ou non saisi
  • Support : Papier et Electronique
  • Disponibilité : Paru

Contributeurs

Contenu de l'ouvrage

Matériel

Livre de 188 pages à couverture souple au format A5.

Description

Cet ouvrage est un guide concernant l'utilisation de la musique lors de parties de jeux de rôles. Il recueille 100 chroniques publiées sur un forum, chacune d'entre elle critiquant un album. L'objectif est également de donner des indications et inspirations pour utiliser ces musiques dans une partie plutôt orientée vers l'horreur.

Après une page de dédicaces, une Note d'Intention (2 page) explique à qui est destiné ce document et ce qu'il est, puis un Rapport d'Autopsie (3 pages) expose la démarche de l'auteur afin d'instaurer une ambiance propice à une partie de jeux de rôles d'horreur, notamment par le biais de la musique. Viennent ensuite la liste des chroniques (4 pages) puis un index de celles-ci par genres musicaux (1 page) et par jeux de rôles (2 pages).

Les 100 critiques (153 pages) sont alors présentées, classées par thèmes, chaque section débutant par une illustration pleine page. Pour chacune sont donnés le nom du groupe et de l'album, l'année de sortie, le type de scène où écouter le morceau (“dans l'espace”, “brûlée par le soleil”, “en cherchant l'amour dans le jardin des pendus”, “déguisé en petite fille”, etc.) puis une liste des jeux pour lesquels la musique est particulièrement adaptée. La critique de l'album même est alors développée.

Une partie de ces chroniques contiennent des indications plus précises sur l'utilisation de l'album en jeu, et toutes des informations sur l'ambiance obtenue. Les thèmes couverts sont Déserts, Détresse, Dédales, Démences, Décombres, Déités, Désastres, Démons, Décoctions (ce qui ne correspond pas aux autres catégories) et Défis.

Les Annexes, après une page de titre, contiennent :

  • une 101ème critique

  • un article paru dans le webzine Ymaginères intitulé Petites musiques pour créatures de la nuit fournissant une histoire et son accompagnement musical (3 pages)

  • 23 Nanochroniques sur 6 pages donnant uniquement le titre, l'artiste et une phrase d'explication

  • Alchemic Sound Museum Sonorise L'effroi, 4 chroniques d'un label particulier, tenu par des rôlistes , sur 6 pages dont une de présentation

  • Une chronique accompagnée d'une interview de l'artiste (3 pages)

L'ouvrage se termine par des crédits détaillés (2 pages dont une de titre) contenant les auteurs des photos dont l'auteur s'est servi pour ses photomontages, mais également des remerciements.

Distribué en impression à la demande et en format électronique, cet ouvrage a connu une version gratuite sans illustration, et donc plus courte de 10 pages du fait des différences de mise en page.

Cette fiche a été rédigée le 26 décembre 2012.  Dernière mise à jour le 23 juin 2014.

Critiques

Faustroll  

Que vous employiez ou non des musiques d'ambiance pour vos parties, ce petit ouvrage est à recommander car il vous ouvrira sinon à des références utilisables, au minimum à de belles découvertes insoupçonnées.

L'objectif de l'auteur, en outre doté d'un style bien trempé, est de sortir des sentiers battus des BO pas forcément bien choisies et cent fois entendues. Si Diamanda Galas, Pierre Henry, Lustmord ou A Challenge of Honour ne vous disent rien, courrez lire "Musiques Sombres" (qui, je sais, aurait pu tout autant s'appeler "Musiques sombres pour jeux de rôle sombres de la mort de mourir de la peur de mourir, etc.", mais c'est une question de goût).

Bien sur, tout ne vous plaira forcément pas et vous hésiterez peut-être à utiliser certaines références de peur de passer, par exemple, pour un maniaco-dépressif suicidaire à tendance fétichiste (ce qui est pourtant proche de la définition du MJ), mais les plus pragmatiques d'entre vous trouveront certainement leur bonheur.

Les descriptions, bien que très subjectives, vous permettront de savoir où chercher et ce à quoi vous attendre. Les genres choisis sont assez variés, bien qu'une dominante Métal (style néanmoins très divers par nature) soit présente, et dont les titres ne sont pas tous très faciles à caser chez toutes les audiences.

L'unique regret serait qu'on aurait aimé un peu plus de recommandations de bandes-son de films, mais c'est probablement, on l'espère, pour un autre ouvrage.

Critique écrite en novembre 2013.

 

Il est souvent acrobatique, voire carrément périlleux de sonoriser ses parties de jeu de rôle.
La musique, même si elle est par nature propice à poser une ambiance, peut également – pour ne pas dire à chaque fois – se retourner contre son utilisateur, en nuisant complètement à l'immersion.
Pourquoi ? Les causes en sont multiples : peu ou pas adaptée à l'ambiance du jeu, trop complexe à gérer pour qu'elle soit complètement en accord aux situations décrites et bien sûr, l'écueil qui lui est le plus souvent lié, une trop forte connotation.


La plupart du temps le recours à des musiques de film se transforme rapidement en un véritable calvaire pour l'immersion. Ces musiques posent un cadre, bien trop imprégné d'images ou de scènes du film dont elles sont tirées. Prenez par exemple la B.O. de Requiem for a dream. Une bande son parfaite pour ce film, à la fois esthétique et profondément dérangeante. Pour autant, tous les joueurs qui l'auront déjà vu (et entendu) visualiseront invariablement les passages du film plutôt que les scènes mises en place par le MJ.

Alors cela nous condamne-t-il à jouer définitivement en silence ? Non, bien sûr !
Des jeux comme les Montagnes Hallucinées ou les Ombres d'Esteren se sont dotés de bandes son, créées et orchestrées pour l'occasion. Mais celles-ci sont d'une nature tellement exclusive (de par leur origine et la raison de leur écriture) qu’elles ne peuvent guère être utilisées pour d'autres univers.
Il faut donc chercher autre part. Prospecter autrement qu'en piochant dans ce qui est évident, visible et connu.
C'est là que le travail de Thomas Munier (déjà bien connu pour son travail sur le cadre de jeu pour Sombre, Millevaux) entre en scène. Car ce dernier sévit depuis quelque temps sur les ondes du forum des Terres Étranges, en peaufinant chronique après chronique un écheveau de sélections impitoyablement testées et choisies pour correspondre à des jeux de rôle dont l'ambiance se veut oppressante, dérangeante et bien évidement sombre.
Toutefois, ce qui aurait pu rester caché aux yeux des profanes que nous sommes, vient depuis quelques mois de saillir (chez l'éditeur print on demand, Lulu.com) en une compilation ordonnée, classée et augmentée sous le titre évocateur de Musiques sombres pour jeux de rôles sombres.

Cet opus d'un peu moins de deux cents pages contient pas moins d'une centaine d'études, et ce sans compter les albums en encart et les annexes que l'auteur a piochées dans des propositions extérieures, complémentaires, ainsi qu'un article issu d'un webzine.

L'ensemble s'articule autour de dix ambiances sélectionnées pour leurs forces évocatrices (Désert, Détresse, Dédales, Démences, Décombres, Déités, Désastres, Démons, Décoctions et Défis), définissant ainsi les grands thèmes de la musique sombre.
Chaque ambiance suit un schéma précis et implacablement répété. Elles sont bâties autour de cinq éléments précis : les informations sur l'album disséqué (Auteur, titre, année d'édition et visuel de la pochette), puis quatre items : « genre », « à écouter », « idéal pour » et « autopsie ».

« Genre » présente le genre musical auquel appartient l'album.
Attention, si comme moi vous êtes novice dans les plus obscurs arcanes de ces musiques et sous-catégories comme le dark ambient, la musique concrète, noise, drone et autres patronymes barbares pouvant vous faire vous sentir démuni voire sot face à tant de culture musicale, il n'en sera rien ici. L'auteur a le bon goût de vous prendre un tant soit peu par la main, pour ne pas vous perdre en chemin. Et après quelques écoutes, les différents genres vous sembleront plus nets et plus simples à identifier. Même si pour cela, vos oreilles auront besoin de temps pour affûter leur perception.

« À écouter »  présente un ensemble de lieux, de situations, d'états – en jeu – propices à l'écoute des morceaux contenus. Cela peut aller de « en attendant la séance d'électrochocs » à « enfoui dans la terre de son pays natal », en passant par « dévoré par des fourmis rouges ».
La plupart du temps, la symbolique est suffisamment forte pour avoir une idée très précise de la teneur de l'album et du climat nécessaire pour sa diffusion. C'est cru, sans concessions, mais le résultat est à la hauteur des visions créées. D'un regard, vous saurez quand et comment l'utiliser.

« Idéal pour » renseigne uniquement la partie qui nous concerne le plus directement : le jeu de rôle. À quel jeu s'adapte exactement l'album. Une idée brillante surtout qu’elle regroupe 91 jeux différents. Un spectre assez large, allant du très malsain Kult au bien plus léger Toon.
Le grand écart est inattendu, ce qui montre bien le titanesque travail d'un auteur se refusant à se laisser aller à la facilité en ne proposant que des noms dont l'évidence vient naturellement à l'esprit du lecteur.
Néanmoins, tous n'entrent pas dans un même grand panier. Sombre pourra très bien être juxtaposé à Würm, dont le thème et l'époque sont diamétralement opposés. Et c'est aussi ce qui fait là l'intérêt de ce travail de sélection.

Enfin « l'Autopsie » développe avec foule de détails les scènes, les lieux et même les émotions suscitées à l'écoute. On y analyse l'utilisation (voire la manipulation) instrumentale, musicale et vocale, ainsi que ses effets malsains sur les auditeurs. La plupart des chroniques tiennent en une ou deux pages maximum et peuvent être illustrées d'albums complémentaires à l'atmosphère parallèle et décrits sur une poignée de lignes.
La majorité des descriptions empruntent un champ lexical proche de celui utilisé par Lovecraft dans ses nouvelles, apportant ce je ne sais quoi de dérangeant et d'inhumain propre aux métaphores   horrifiques.
Quelquefois, un paragraphe donne un bref rappel quant à un groupe déjà présenté ou aux origines de la découverte de l'album ponctuant l'ensemble, créant ainsi des passerelles entre les thématiques ou genres déjà précédemment abordés. Les conseils et mises en scène sont d'une grande justesse et touchent autant le joueur que le MJ présents en chaque lecteur.
Ici, même si le style est volontairement descriptif et riche d'une sensualité morbide, la lecture n'en n'est pas pour autant alourdie et l'on aura plaisir à lire sans discontinuer plusieurs chroniques sans se lasser.
Pour autant, chaque étude ne prendra tout son sens qu'en parallèle de l'écoute des harmonies qui lui correspondent. À noter que s'il est peu probable que vous possédiez tous les CD présentés dans Musiques sombres pour jeux de rôles sombres, j'en ai toutefois retrouvé pas moins de 89 (légalement disponibles) sur le site de musique en ligne Deezer.com. Ce qui vous permettra, sans vous ruiner en de folles dépenses, d'écouter une bonne partie de la gargantuesque playlist proposée.
Attention quand vous pratiquez une recherche, certains titres ou auteurs relèvent de la niche musicale et ils seront difficiles à trouver. Un croisement de titres, d'auteurs, mais également d'années d'édition sera quelquefois nécessaire. De même, soyez vigilants quant aux jaquettes présentées dans le livre et celles présentes sur l'interface du site. Les premières sont celles de la discothèque de l'auteur, d'une réédition à l'autre elles peuvent changer.

Musiques sombres pour jeux de rôles sombres se clôt par une annexe scindée en un quadriptyque complémentaire.
La première partie s'étale dans une longue chronique de deux pages bien remplies consacrée au travail de Stéphane Rochard, dont les albums sont disponibles en libre téléchargement.

La seconde est un article tiré du webzine Ymagineres s'intitulant « Petite musique pour créature de la nuit ». Les chroniques ne sont pas de l'auteur, pour autant elles ne sont pas dénuées d'un certain intérêt et complètent la copie rendue par Thomas Munier.
La troisième est sobrement nommée « nano-chroniques », présentées comme un assemblage de 23 formats court et additionnel, identiques à ceux ponctuant par moment les 100 précédemment soumises.
Pour achever le tout, la quatrième partie « Alchemic Sound Museum sonorise l'effroi » regroupe non pas un ensemble de notices par genre ou par jeu, mais celles d'un seul et unique Label, ASM (Alchemic Sound Museum), dont les fondateurs sont eux-mêmes des rôlistes et de par leur travail développent une musique multimédia (art, littérature, jeux de rôle...).

Avec Musiques sombres pour jeux de rôles sombres, Thomas Munier relève avec brio un défi où bien d'autres avant lui se sont cassé les dents. La tâche est ardue et relève d'un exercice de passionné.

De par la diversité des genres proposés (en évitant l'écueil de tomber à outrance dans le métal, qui ici ne représente qu'une portion réduite sur l'ensemble), la quasi-unicité des groupes et la rigueur toute scientifique avec laquelle il nous fait partager son savoir et son amour pour la musique, l'auteur nous livre une encyclopédie non-exhaustive mais quasi clé en main.
Et dernier détail montrant avec quelle application celle-ci a été écrite : un index par genres musicaux et par jeux est adjoint à l'ensemble, offrant une navigation aisée entre les 100 notices.
Seul bémol, aucune pagination n'est inscrite sur les pages. Seuls les numéros des chroniques permettent de s'y retrouver. Une gêne rapidement surmontée, une fois que l'on a lu quelques pages ; pour autant cette logique pourra surprendre et déboussoler le lecteur dans un premier temps.

Au final, avec un prix abordable, une qualité tant sur le fond que la forme, cette bible de la sonorisation en jeux de rôle est d'une absolue nécessité.
Et au pire si vous êtes à cheval sur les principes épuré de la masterisation silencieuse, Musiques sombres pour jeux de rôles sombres vous ouvrira une porte sur un monde inconnu et diablement hypnotique, qui fera peut-être bouger les frontières de votre avis sur la question.

 

Chronique de Tony Martin publiée dans le Maraudeur n°10.

Critique écrite en juillet 2014.

Les éditions mentionnées sont celles de la version originale. Vous avez décelé une erreur ou une correction nécessaire, ou encore vous souhaitez compléter la description ? N'hésitez pas à contacter la passerelle !

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