
Je naquis à l'âge de 9 ans, ou du moins en France, où les premières images découvertes sur cette terre d'asile furent celle du film "le monstre évadé de l'espace". Bien sûr je ne comprenais pas toutes les subtilités, mais les tripes en l'air et les démarches de zombis m'ont donné envie de poser des mots sur ces scènes (?!?).
Des années et quelques actions politiques plus tard, je découvrais le jeu de rôles avec le cerveau en ébullition, non sans me dire que l'imaginaire généré ici allait me faire vivre et voir d'autres expériences.
Premières parties sur Shadowrun et Warhammer, des aventures inoubliables et des moments KitKat à faire pâlir le Nutella. Toute l'adolescence fut rêvée dans des histoires incroyables où à jamais, imaginer voulait dire s'évader.
Plutôt rapidement, de joueur je suis passé conteur (Vampire, Cyberpunk, Shaan). Ces histoires se construisaient toujours dans le schéma le plus scénique possible : musiques d'ambiance, grands gestes, voix changeantes, etc. Tout pouvait changer dans un conte selon l'art et la manière de le narrer.
Puis finalement, il me fallait construire autre chose, plus, encore plus. Imaginer ne suffisait plus pour partager, écrire devint l'expression la plus délicieuse.
Plus qu'un sport, écrire fut un exercice d'expression aux mille visages. Tout peut être ou disparaître sur une simple tournure de phrase, la langue française recèle tant de potentiel qu'il serait vraiment malheureux de ne pas en explorer les sentiers les plus dangereux. Mais pour transmettre une pensée par le biais de l'écriture, il ne suffit pas d'échafauder quelques histoires. C'est là l'oeuvre du travail, de l'exercice, du don de soi au profit de l'expression. Scénariser ne signifie pas avoir de bonnes idées, mais traiter avec discernement une volonté de créer.
Bien entendu, il faut du temps et de la détermination, mais c'est le lot de toutes les réalisations : ce qu'on fera sera toujours meilleur que ce qu'on a fait.
Ensuite, imaginer PriaX ne fut pas une charge facile - mais plaisante -, l'univers en question exigeait la mise en place d'une réflexion cohérente. J'ai eu la chance de partager des idées avec de nombreuses personnes, ce qui m'a laissé penser que mettre à nu un univers est une extraordinaire aventure humaine. Car oui, imaginer, écrire et éditer sont un travail, mais tous les échanges qui le constituent représentent une richesse non négligeable.
Dans de telles aventures, l'effort compte, mais les rencontres aussi. Dans ce sens, il faut questionner, demander, aller de l'avant, surpasser les obstacles, ne pas hésiter à rencontrer et à provoquer la chance. Le tout, dans un travail constant.
Ainsi, Loïc Masson m'a rejoint pour compléter les points obscurs de l'univers PriaX et sa vision supplémentaire du jeu fit pleurer des barils de pétrole. Les étapes se sont alors enchaînées avec toutes les difficultés que ça incluait, mais ont permis de faire de nombreuses rencontres (Virginie Léonard, Ttam2Mo, Marc Simonetti, Igor Polouchine, Julien Blondel, Christophe Begey).
Au final, malgré toute la sueur et le sang versés dans des quantités de travail honteusement lourdes, on retient que l'effort, répété et acharné, permet de grandir.
Cette bio a été rédigée entre le 8 mai 2000 et le 8 mai 2009.